Critique de film : Black Phone (2022)



Résumé du film Black Phone (2021) : Finney Shaw, un adolescent de 13 ans, timide mais intelligent, est enlevé par un tueur sadique qui l’enferme dans un sous-sol insonorisé où s’époumoner n’est pas d’une grande utilité. Quand un téléphone accroché au mur, pourtant hors d’usage, se met à sonner, Finney va découvrir qu’il est en contact avec les voix des précédentes victimes de son ravisseur. Ils sont aussi morts que bien résolus à ce que leur triste sort ne devienne pas celui de Finney.

Ressenti : Black Phone est un retour à une époque où l’horreur était plus une question de peur et de suspense que de sang et de gore. Oh, il y en a quelques-uns des elements dans le film, mais bien trop peu pour satisfaire les appétits de ceux qui fréquentent le genre uniquement pour être ensevelis dans des viscères, et de l’hémoglobine a gogo. Une première conversation dans le film entre le personnage principal Finney (Mason Thames) et son ami Robin (Miguel Cazarez Mora) vante les vertus du film Massacre à la tronçonneuse (The Black Phone se déroule en 1978); l’influence de ce film séminal sur le co-scénariste / réalisateur Scott Derrickson est évidente. On trouve également au cours du film de 100 minutes des clins d’œil à John Carpenter, Steven King et même au hit rétro de Netflix, Stranger Things.

Ethan Hawke, qui a déjà travaillé avec Derrickson sur Sinister, passe de la victime à l’agresseur. C’est Le Faucheur : un tueur en série d’enfants qui les enlève et leur fait des choses indescriptibles, laissant derrière lui peu d’indices. Les deux détectives de police travaillant sur l’affaire sont déconcertés et Mason trouve l’étau qui se resserre alors qu’un membre de sa petite ligue disparaît suivi de son meilleur ami. Pendant ce temps, la sœur cadette de Mason, Gwen (Madeleine McGraw), fait des rêves surnaturels à propos de choses terribles qui se produisent. Tout est mis en place pour la rencontre de Mason avec Le Faucheur.

Hawke porte un masque pendant la majeure partie du film, nous n’apercevons donc ses traits qu’occasionnellement. C’est plus flippant comme ça. Il garde Mason piégé dans une cellule de donjon en attente… pas de bonnes choses. Sur le mur de la cellule se trouve un téléphone noir, que le faucheur rejette comme ne fonctionnant pas. Mais, quand ça sonne, Mason répond. De l’autre côté se trouve l’une des précédentes victimes du tueur, parlant d’outre-tombe, cherchant à fournir à Mason des informations qui pourraient lui sauver la vie. Ou est-ce une sorte de piège élaboré? Le faucheur joue à un jeu mais Mason ne connaît pas les règles. À l’extérieur, Gwen cherche désespérément à retrouver son frère mais ses rêves prédictifs sont insaisissables et difficiles à déchiffrer.

Mis à part les défauts logiques (et il y en a un bon nombre comme par exemple, une communauté en proie à un tueur en série ravisseur d’enfants n’emploierait-elle pas une sorte de système de sécurisation pour les enfants ?), The Black Phone est étroitement ficelé et ne fonctionne pas essayez pour en faire de trop. L’histoire secondaire impliquant Gwen est un peu mince mais elle est utilisée pour briser la tension. Passer 70 minutes pris au piège dans le sous-sol avec Mason pourrait être un peu trop pénible. La tension de l’histoire est bien gérée et repose davantage sur la terreur résultant de la situation que sur des effusions de sang gratuites. Les éléments surnaturels sont maîtrisés mais nécessaires au développement du récit.

Black Phone fonctionne efficacement avec un petit casting, dont Thames et McGraw qui sont des enfants acteurs exceptionnels (Thames avait 13 ans au moment du tournage ; McGraw a un an et demi de moins). Hawke parvient à apporter beaucoup de personnalité à son personnage déséquilibré malgré le port du masque permanent. Après l’avoir vu se faire terroriser dans La Purge et Sinistrer, il est intéressant de le voir de l’autre côté des choses. Les quelques acteurs de soutien, tels que Jeremy Davies en tant que père violent et alcoolique de Mason et Gwen, sont pour la plupart du temps en arrière-plan. C’est principalement l’occasion pour Thames, McGraw et Hawke de briller dans la réalisation du film.

Derrickson utilise le prologue pour établir un lieu de banlieue de classe ouvrière apparemment normal avant d’introduire les éléments les plus sombres. Au fur et à mesure que le mystère est révélé, le niveau de tension monte. Des alertes de saut occasionnelles sont utilisées avec des séquences plus longues et mordantes (comme celle dans laquelle Mason tente d’ouvrir une serrure à combinaison).

Avec Black Phone, Derrickson échange l’énorme budget de Doctor Strange contre quelque chose de beaucoup plus petit (Blumhouse a financé le film). On a l’impression que le réalisateur voulait avoir l’occasion d’apposer sa marque sur un film plutôt que de simplement créer un autre produit saturé d’effets speciaux…. sanglants. Cela dit The Black Phone est un film sympa a regarder bien installé dans son fauteuil en degustant une pizza .

Complément d’infos :

The Black Phone Horror | Juin 24, 2022 (United States) 7.8
Réalisateur: Scott Derricksonscénariste: Scott Derrickson, C. Robert Cargill, Joe HillActeurs: Ethan Hawke, Jeremy Davies, James RansoneSynopsis: Finney Shaw is a shy but clever 13-year-old boy who is abducted by a sadistic killer and trapped in a soundproof basement where screaming is of no use. When a disconnected phone on the wall begins to ring, Finney discovers that he can hear the voices of the killer's previous victims. And they are dead-set on making sure that what happened to them doesn't happen to Finney.

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A propos Frere Yannick 1217 Articles
Grand passionné de Films d'horreur et fantastique depuis des décennies Fait partie du Projet : Court métrage de Darkmovies en tant que scénariste et réalisateur ainsi que de la création d'un futur projet ayant avoir avec le cinéma d'horreur en Belgique .

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