Critique de film : Censor (2021)



Résumé du film Choose Or Die (2022) : Dans les années 80, Enid censure des films pour le gouvernement anglais. Un jour, elle découvre un film avec une histoire similaire à la disparition de sa soeur. Intimement touchée, elle se lance dans une enquête entre réalité et fiction.

Ressenti : Cette oeuvre jusqu’au boutiste allie à merveille propos construit et réalisation millimétrée comme il est bon de les voir dans le cinéma d’épouvante….

D’entrée de jeu, sans jamais prendre son spectateur de haut, le métrage s’interroge quant au rôle de la violence à l’écran sur la violence dans le monde réel. Scream en 1996 avait déjà joué sur cette corde devenant un film culte pour toute une génération avant de devenir aux yeux du Monde une satyre presque comique du slasher movie pop-corn ridicule. Ici, exit le comique. Notre jeune et jolie censeur, Enid (l’irlandaise Niamh Algar) tient son rôle très à coeur. Loin l’idée pour elle de simplement priver les spectateurs d’oeuvres dont ils pourraient se délecter. Non, elle sauve des vies en empêchant une violence viscérale de se diffuser. En trame de fond, le réalisateur multiplie ses points de vue et traite du rôle des médias, jugeant sans cesse les films d’épouvante et se gargarisant de raconter qu’une oeuvre violente rendra violents les enfants qui pourraient la voir. Exit l’idée pourtant que la société n’a pas attendu l’arrivée du cinéma pour devenir violente et que les tortures moyenâgeuses, elles, étaient perpétrées sans écrans. Ici, le cinéma voudrait-on nous faire croire serait responsable de toutes les pires infamies…
Et n’est-ce pas bien pratique pour Enid de contrôler ce qui est contrôlable alors que victime d’un drame familiale dans sa jeunesse, elle avait perdu le contrôle, gardant le traumatisme à fleur de peau d’une affaire qui ne cesse de la hanter ? C’est d’ailleurs en découvrant un film particulièrement cru qu’elle le rendra lui aussi coupable d’une partie de ses maux. A-t-elle seulement raison de le placer comme clés du mystère qui l’entoure ? En adoptant le point de vue d’une héroïne qui perd pieds, le film déroule doucement sa trame et ses arguments, entraînant le spectateur dans une spirale infernale qu’il a envie de croire, réduisant comme tissus de chagrin, la barrière entre écran et réalité…
Pour accentuer son propos, le film s’ose à l’exploitation d’un fait divers qui pourrait être la faute d’un film. Le scandale gargarise les foules, trop heureuses d’oublier la fureur en eux. Et si le film n’était pas coupable ? Et bien l’idée même ne voudrait pas le coup de s’y attarder plus d’une poignée de secondes…
Outre une réalisation cadrée, des effets de mise en abimes rudement menés et quelques jump scares savamment distillés sans jamais en faire des caisses, Censor maîtrise son rythme de bout en bout, crée son ambiance mais ne perd jamais de temps à tourner autours du pot. Au contraire, chaque scène profite pleinement à l’intrigue et compte sur son spectateur pour comprendre sans qu’on ne lui explique les choses lourdement…
Et si les films aux couleurs pastels et aux dénouements heureux étaient bien plus dangereux que l’exutoire d’une violence froide entre tripes, boyaux et viols ?
Et si nous dit-il enfin, une tête décapitée pouvait bien plus amuser ?
Alors peut-être faudrait-il s’échanger des films d’horreur en secret comme de l’alcool au temps de la prohibition…
Grande déclaration d’amour au cinéma de genre, ambience forte ,intelligent, construit, incisif et conscient de ses codes et ses clichés, Censor est un régal de chaque minute qui loin de se noyer dans les effets d’hémoglobine, préfère la psychologie de ses personnage et les effets artistiques. Une pépite à ne pas manquer….
Critique de : Mika Laruelle (Facebook Team)

Complément d’infos :

Censor Horror, Mystery | Aout 20, 2021 (United Kingdom) 6
Réalisateur: Prano Bailey-Bondscénariste: Prano Bailey-Bond, Anthony FletcherActeurs: Niamh Algar, Michael Smiley, Nicholas BurnsSynopsis: In 1985, Enid Baines works for the British Board of Film Classification during the height of the Video Nasty controversy. Enid's co-workers call her "Little Miss Perfect" due to her strictness in recommending that violent content be cut or banned. While Enid is having dinner with her parents, they discuss the disappearance of Enid's sister Nina when the two were little. Enid's parents have since declared Nina legally dead, but Enid is convinced that her sister is still missing. ?Wiki

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A propos Giarrusso Flavia 436 Articles
Passionnée de films d'horreur depuis de longues années .....qui aime fouiner a chercher le top en matière d'actualité. Fait partie du Projet : Court métrage de Darkmovies en tant que scénariste

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