Critique de film : I Came By (2022)




Résumé du film I Came By (2022) : Suit un jeune graffeur qui découvre un secret choquant qui pourrait le mettre lui et ses proches en danger.

Ressenti : Il y a un virage incroyablement sournois de Hugh Bonneville au centre du nouveau thriller Netflix à succès I Came By, un film qui a malheureusement très peu de choses à à nous partager. Il incarne l’ancien juge bien nanti Hector Blake, qui se retrouve enfermé dans une bataille de volontés basée sur les classes ; lorsque le graffeur socialement conscient Toby (George MacKay) découvre quelque chose de bizarre dans son sous-sol. Toby et son ami Jay (Percelle Ascott) ont acquis une notoriété à Londres pour avoir pénétré par effraction dans les maisons des riches et laissé le tag « I Came By », mais lorsque Toby plonge plus loin dans la maison d’Hector, il découvre quelque chose qu’il est incapable d’ignorer. Il appelle la police mais les relations et la richesse d’Hector font de lui une cible impossible, menant les deux à la guerre.

Nous sommes dans un territoire adjacent à d’autres thrillers d’envahisseurs de maison qui trouvent quelque chose de méchant tels que The Collector, Don’t Breathe et plus étroitement, Le sous Sol De La Peur de Wes Craven. Mais au crédit du scénariste-réalisateur anglo-iranien Babak Anvari avec le co-scénariste Namsi Khan, le film ne se déroule pas exactement comme on pourrait s’y attendre compte tenu de ses ancêtres. Les détails ne sont jamais particulièrement surprenants, et cela ressemble à un gros coup de torsion dans le dernier acte, mais la structure et le changement de protagoniste bouleversent les attentes (même si le changement final frise trop).

Nous commençons par passer du temps avec le rebelle en mode fuck the systèm de MacKay avec une erreur de casting plutôt maladroite qui coule une grande partie du premier acte. MacKay, si crédible en tant que soldat entrant en enfer dans le film 1917, est beaucoup moins convaincant. L’acteur de 30 ans n’est pas non plus un homme de 23 ans crédible, alors les scènes de lui boudant et pestant contre une Kelly Macdonald toujours fiable de seulement 16 ans son aînée dans la vraie vie) fait un peu cloche.

Sa performance semble encore pire contre une Bonneville fantastiquement odieuse, sombrant doucement dans le côté obscur de son personnage bien établi de gentil garçon de la croûte supérieure, prenant tout cela plutôt au sérieux dans un combat contre le méchant raciste et ancien juge de surcroit…., même si les choses deviennent plutôt idiotes et simplistes. C’est un rôle de méchant monstrueusement démesuré, un psychopathe cruel corrompu par les maux d’un privilège extrême, jamais quelqu’un que beaucoup d’entre nous ne peuvent croire pleinement. Mais son personnage et ses performances sont bien plus efficaces que le film lui meme (un monologue expliquant sa trame de fond est effrayant, même si le comment et le pourquoi manquent malheureusement) et donc l’idée de lui pris dans un jeu de survie est plus satisfaisante que la réalité de celui-ci.

Il y a des tentatives à moitié ombragées pour positionner l’histoire comme un récit édifiant contemporain sur ce que ceux qui sont à l’étage s’en tirent, et la sombre vision du monde du film est incroyablement libre, mais le commentaire social, si on peut même l’appeler ainsi, est au mieux simpliste. C’est avant tout un thriller à suspense, mais malgré la configuration, qui implique de se faufiler et de se cacher, tout cela manque étrangement de suspense: un exercice de genre plutôt lent qui a besoin de plus de dynamisme. Le prix payé pour les changements de caractère parfois vivifiants est que nous avons du mal à trouver quelqu’un pour nous tirer à travers tout cela, aucun personnage autre que celui de Bonneville possédant suffisamment de poids ou de spécificité.

Anvari, qui a impressionné par son histoire de fantômes en couches de 2016 Under the Shadow, livre un film légèrement plus cohérent que son dernier, les débuts disgracieux de Wounds  une horreur maussade et bien faite mais mal écrite sur un téléphone maléfique mais manque toujours la cible qu’il a si facilement touchée avec son premier. Les dernières scènes en particulier sont déroutantes, avec une utilisation surprenante de Everybody Wants to Rule the World de Tears for Fears en tête du générique, à la fin d’un film qui prétend avoir dit quelque chose de profond mais nous avons du mal à entendre ce que cela pourrait être. La performance de Bonneville s’attardera, le film pas tellement. Pour résumer ce film : a voir si on a vraiment rien d’autre a se mettre sous les yeux .

Complément d’infos :

I Came By | 31 août 2022 (Royaume-Uni) Synopsis: Suit un jeune graffeur qui découvre un secret choquant qui pourrait le mettre lui et ses proches en danger.
Pays: Royaume-UniLangues: Anglais

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A propos Frere Yannick 1321 Articles
Grand passionné de Films d'horreur et fantastique depuis des décennies Fait partie du Projet : Court métrage de Darkmovies en tant que scénariste et réalisateur ainsi que de la création d'un futur projet ayant avoir avec le cinéma d'horreur en Belgique .

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