Critique de film : Men (2022)



Résumé du film Men (2022) : Après avoir vécu un drame personnel, Harper décide de s’isoler dans la campagne anglaise, en espérant pouvoir s’y reconstruire. Mais une étrange présence dans les bois environnants semble la traquer. Ce qui n’est au départ qu’une crainte latente se transforme en cauchemar total, nourri par ses souvenirs et ses peurs les plus sombres.

Ressenti : [Spoil] Les thèmes principaux du film ressortent assez facilement : deuil, misogynie, masculinité toxique, Harcèlement… Le tout est accompagné de symboles païens et autres allusions littéraires plus ou moins déchiffrables selon nos connaissances. Le film est truffé de références à tout, d’Ulysse à la Bible en passant par Yeats, l’Homme vert « Shakespeare » Il y a clairement une grande part d’interprétation et chaque spectateur, à partir des éléments donnés se fera sa propre interprétation en fonction de sa sensibilité, son ressenti du moment…

Ils on tous le même visage ,tous les personnages masculins (à l’exception du mari de Harper)…
“Une question pourrait être de savoir si Harper voit tous les hommes de la même façon ? Parce que ni Harper ni le film ne font de remarque à ce sujet, jamais. Seul le spectateur est amené à le faire. Harper voit-elle tous les hommes de la même façon alors qu’ils sont en fait différents, ou bien tous les hommes sont-ils les mêmes et ne le voit-elle pas ? Ce sont deux questions qui se ressemblent beaucoup mais dont les conclusions sont complètement différentes.”Les bessures des antagonistes representent les mutilations du corp du mari de Harper suite a la chute…
L’homme vert : Comment expliquer ce symbole , personnage repris à outrance tout au long du film ? L’Homme vert est une métaphore, il représente la renaissance : c’est un symbole pré-chrétien adopté par les païens comme une manifestation feuillue de la fertilité saisonnière et de l’arrivée du printemps. Le réalisateur transforme cette figure habituellement bienveillante en quelque chose de plus sinistre et prédateur. L’Homme vert est accompagné de Sheela-na-gig, un autre symbole à l’origine incertaine, souvent gravé comme décoration sur les murs de pierre des églises anglaises. Dans Men, elle apparaît pour la première fois en face de l’Homme vert sur des structures à l’intérieur de l’église. Il s’agit d’une femme représentée en train d’ouvrir sa vulve. Elles s’attardent ensuite dans l’esprit de Harper (ou du spectateur) jusqu’à ce que la présence malveillante de Kinnear se transmue en l’Homme vert : une créature divinisée, intouchable, inattaquable…le paganisme non officiel subsistait parallèlement à la religion officielle, ce qui explique la présence de l’Homme vert dans un vitrail d’église, avec la Vierge à ses côtés et au-dessous de lui dans le soleil”. On peut considérer l’Homme Vert de Men comme une relique d’un monde antérieur qui a contribué à façonner notre monde moderne…Dans la séquence finale du film, Harper, dont la tentative d’évasion de la propriété s’est soldée par un échec, se retrouve menacée par les différentes figures qui l’ont harcelée tout au long du film, chacune donnant naissance à l’autre dans une séquence particulièrement malaisante, répétitive à l’excès, mais c’est bel et bien l’intention. Le point culminant de la séquence est lorsque la dernière naissance laisse apparaitre son mari décédé, James. Celui-ci s’est révélé à la fois pathétique et manipulateur, menaçant de se tuer si elle le quitte. Le vicaire a rejeté la faute sur Harper. Comme Eve “responsable” du fait qu’Adam ait mangé une pomme de l’arbre de la connaissance. La misogynie condamne s’attaque aux comportements des femmes, qu’elles qu’ils soient, mais va jusqu’à innocenter les hommes de toutes les faiblesses. Il y aurait toujours une femme, derrière, responsable de la situation…
Dans la scène finale du film, le lendemain, on voit Harper assise seule sur des marches, dans le jardin, alors que son amie Riley, qui s’avère être enceinte, arrive pour s’assurer qu’elle va bien. Une fin sans dialogue, sans explication superflue. C’est à chaque spectateur de se faire sa propre interprétation en fonction de ses propres expériences, son ressenti, sa sensibilité. Le film soutient-il vraiment que tous les hommes sont capables de comportements monstrueux envers les femmes ? Rien n’est moins sûr…
Au final un excellent ptit film bien travaillé et maîtrisé jusqu’à la fin…
Critique de : Mika Laruelle

Complément d’infos :

Men Drama, Horror, Sci-Fi | Mai 20, 2022 (United States)
Réalisateur: Alex Garlandscénariste: Alex GarlandActeurs: Jessie Buckley, Rory Kinnear, Paapa EssieduSynopsis: A young woman goes on a solo vacation to the English countryside after the death of her ex-husband.

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A propos Frere Yannick 1217 Articles
Grand passionné de Films d'horreur et fantastique depuis des décennies Fait partie du Projet : Court métrage de Darkmovies en tant que scénariste et réalisateur ainsi que de la création d'un futur projet ayant avoir avec le cinéma d'horreur en Belgique .

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