Critique de film : Mother (2017)




Résumé du film Mother (2017) : Elle, jeune et belle, partage sa vie avec lui, poète vieillissant en panne d’inspiration. Un jour, dans la vaste demeure qu’ils habitent débarque un homme seul et malade, qui dit être médecin. Ce dernier s’installe puis le lendemain, sa femme le rejoint. Le couple prend ses aises au grand dam de la maîtresse de maison. La relation du couple est alors remise en question.

 

Ressenti : Lorsqu’un incident de plomberie (provoqué par les indélicats intrus) inonde le foyer, Mother les chasse tous afin de retrouver cette courte période de quiétude, qui correspondra à sa grossesse. Le narcissisme du Poète se révèle peu à peu, et les rapports avec sa femme dépassent les limites de la perversion….

A L’ORÉE DES MONDES PARALLÈLES…
Avant de plonger dans le cœur du récit, il me paraît d’abord important de rappeler tout le déroulé des événements afin de bien comprendre ce qui se joue sous nos yeux. Concrètement, que se passe-t-il ? Le film s’ouvre par les plans d’une personne (probablement une femme) en train de brûler, puis par la pose d’une pierre précieuse sur un socle. Action qui entraîne la restauration de toutes les pièces d’une maison. C’est alors que se dévoile MOTHER (Jennifer Lawrence), une jeune femme sans enfant en couple avec LUI (Javier Bardem). Au détour de quelques séquences, nous apprenons que MOTHER a complètement réhabilité la maison après un incendie, tandis que LUI est un auteur à succès en panne d’inspiration. Rapidement, leur vie tranquille est interrompue par l’arrivée d’un vieux couple, L’HOMME (Ed Harris) et LA FEMME (Michelle Pfeiffer). Si LUI trouve dans cette arrivée une véritable bouffée d’oxygène, MOTHER est au contraire perturbée par leur intrusion.
Durant leur passage, plusieurs événements surviennent : la pierre précieuse est détruite, leurs fils rappliquent et s’entretuent, une cérémonie d’adieu a lieu dans la maison en présence de nombreux invités, une fissure ensanglantée apparaît dans le plancher, MOTHER semble souffrir d’un mal grandissant… Après leur départ, MOTHER et LUI font l’amour et la jeune femme tombe enceinte. Pour le plus grand bonheur de LUI, qui retrouve soudainement l’inspiration. Quelque temps plus tard, son ouvrage est publié et rencontre le succès. Journalistes et fans débarquent pour le féliciter mais les choses dégénèrent, entraînant l’apparition des forces de l’ordre. Dans le chaos, MOTHER accouche d’un fils, rapidement confisqué et tué par les innombrables visiteurs. Furieuse, MOTHER incendie la maison pour exterminer ses occupants. Avant la mort de sa femme, LUI (étonnamment intact) récupère son cœur pour en extraire une pierre. En la posant sur un socle, les pièces de la maison se restaurent et dévoilent une nouvelle femme…
Le long-métrage n’est finalement rien d’autre qu’une gigantesque allégorie. Les thématiques étant nombreuses, et le propos relativement complexe, plusieurs niveaux de lecture peuvent être dégagés. Le premier, peut-être le plus évident, est directement lié à la religion, et plus précisément à l’histoire biblique. Dans cette interprétation, LUI peut être perçu comme Dieu, un être suprême ayant la capacité de créer : MOTHER elle-même, une maison, un enfant… Une approche qui devient encore plus claire avec l’arrivée des différents intervenants. L’HOMME et LA FEMME peuvent en effet être associés à Adam et Eve (on constate d’ailleurs que l’homme a une côte en moins), tandis que les deux frères qui s’entretuent sont Abel et Caïn. La destruction de la pierre, quant à elle, n’est rien d’autre qu’une symbolique du fruit défendu, à laquelle on pourrait d’ailleurs ajouter le bureau comme Jardin d’Eden (avec l’arbre du savoir). Effectivement, une fois la pierre brisée, le couple est chassé de la pièce et son accès est condamné. Quant à la cave, il pourrait tout simplement s’agir de l’enfer (feu). En poursuivant la réflexion, on peut également effectuer un parallèle entre la mort du bébé dans le film (le fils de LUI, donc le fils de Dieu), tué et mangé par les hommes, et la mort de Jésus dans la Bible (prenez, mangez, ceci est mon corps)…
Le second niveau de lecture, relativement évident lui aussi, est lié à la création au sens large. Une thématique omniprésente représentée de différentes façons dans le film : la création artistique (rédaction d’un ouvrage), la création d’une vie (naissance d’un enfant), la création matérielle (construction d’une maison)… Plus que la création en elle-même, le réalisateur s’intéresse ici surtout à ses conséquences sur son créateur et sur les personnes qui l’entourent. Ainsi, dans le long-métrage, la forme d’idolâtrie à l’égard du personnage de Javier Bardem peut être perçue comme une critique du fanatisme dangereux de certains fans pour leur artiste préféré. Un fanatisme dont la portée peut être terriblement aveuglante pour les artistes, ceux-ci recherchant parfois désespérément toute forme de reconnaissance. C’est ce qu’exprime formidablement bien le personnage de LUI, un artiste égocentrique qui privilégie l’art à la vie. L’amour (sous forme de louanges) qu’il reçoit pour son œuvre passe ainsi avant son amour pour sa femme. D’ailleurs, MOTHER le cerne très bien à la fin du film en déclarant qu’il ne l’aime pas vraiment, il aime le fait qu’elle l’aime. Cette réflexion autour de la notion de création et d’artiste peut, bien sûr, facilement s’étendre au réalisateur lui-même, qui a certainement dû susciter/rechercher ce type de réaction au cours de sa carrière. De plus, il y a un lien intéressant à faire entre l’influence de MOTHER sur LUI et celle de Jennifer Lawrence sur le réalisateur…
le troisième niveau de lecture, plus subtil celui-là, est lié à la planète, et plus précisément à son exploitation destructive par l’humanité. Dans cette interprétation, la maison et MOTHER (sorte de mère nature) constituent une métaphore de la planète. Il est d’ailleurs intéressant de constater que, du début à la fin, le personnage ne quitte jamais la maison. Tout au long du film, les intervenants vont contribuer à sa destruction, s’appropriant les lieux, souillant les murs, cassant des objets, se rendant dans des endroits interdits… Plus ils sont nombreux, plus les comportements sont intolérables, et plus les dégâts sont importants. La symbolique n’est peut-être pas des plus fine mais elle est néanmoins sacrément forte. Encore plus quand on s’intéresse scrupuleusement au personnage de Jennifer Lawrence. En effet, de la même façon que les intrus détruisent progressivement la maison, Javier Bardem exploite et détruit progressivement sa femme. Il y a d’ailleurs un vrai parallèle à faire entre les réactions de la maison aux épreuves de MOTHER et les catastrophes naturelles qui affectent notre monde. Dans le même esprit, le dépérissement de MOTHER après avoir accouché, ainsi que la perte quasiment immédiate de son fils, est également une belle illustration de notre consommation/exploitation abusive de ressources. Un point déjà souligné plus tôt par LA FEMME quand elle déclare à MOTHER qu’une mère donne tout à ses enfants mais que ce n’est jamais suffisant….
Beaucoup de zones d’ombre qui subsistent à l’issue du visionnage n’ont pas forcément été abordées. Or, elles existent bel et bien. La plus importante d’entre elles étant peut-être le liquide jaune que prend MOTHER pour calmer ce qui semble être des crises de panique. On ne sait pas grand-chose à son sujet, si ce n’est qu’elle arrête de le prendre une fois enceinte, et que la situation se dégrade ensuite rapidement. S’agit-il simplement d’un élément destiné à troubler le spectateur (après tout, ce ne serait pas le premier) ou se pourrait-il que MOTHER soit malade et souffre de visions/hallucinations (auquel cas cela pourrait remettre en cause l’ensemble du récit) ? Impossible de le dire avec certitude malheureusement, mais quand on connaît la propension de Darren Aronofsky à traiter des troubles psychologiques dans ses films, on peut se dire que l’idée n’est pas complètement dénuée de sens….
LORSQUE NOTRE MONDE INTÉRIEURE S’Y RETROUVE INVESTI…
Reste le point de vue personnel de chaque spectateurs du film . Lié à leurs propre vécus et expérience personnels qui restera ( à l’instar d’un certain DONIE DARKO ) UNIQUE à Chaqun , et ne correspondra pas à aucun autre.
Du coup mon propre point de vue sur cette oeuvre est L’enfermement, coupé du monde , dont les lois sont dictée par un ( gourous ou un disciple )
Où rien ne nous ait épargné, ou nos valeur et vision du monde sont bafouée par l’ incompréhension de la situation , le déni, l’acceptence de fondre son être et de vivre en victime, où l’enfance est sacrifiée sur l’autel des ( initiés ) ou la secte représente l univers de ces tortionnaire près à vous convertir à leurs ordres et dogmes et ou seul la destruction du soie intérieur est là seul option pour survivre a l’abus et aux culte mais n’est jamais viable sur le long terme . Oui pour moi se film s’apparente à la conversion d’un ( adepte non consentant ) ou l’abandon de soie voi l’effondrement de nôtre monde intérieur et seul reste comme option la destruction intérieure ( l’effondrement de la maison sur la fin ) et le renouvellement ( la nouvelle victime à la fin )… désolé pour l’introspection personnel qui ne sert que d’exemple d’interprétation aux final ….
Voilà je ne saurais trop vous conseiller se film tant il est unique et déroutant…
Après su vous ne cherché que du divertissement sans aucunes forme d’implication. Alors passez votre chemin se film n’est pas fait pour vous…
Critique de : Mika Laruelle

Complément d’infos :

Mother | 13 septembre 2017 (France) 6.6
Réalisateur: Darren Aronofskyscénariste: Darren AronofskyActeurs: Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed HarrisSynopsis:

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A propos Frere Yannick 1321 Articles
Grand passionné de Films d'horreur et fantastique depuis des décennies Fait partie du Projet : Court métrage de Darkmovies en tant que scénariste et réalisateur ainsi que de la création d'un futur projet ayant avoir avec le cinéma d'horreur en Belgique .

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